Heracleum sphondylium

Nederlands : Berenklauw
English : Hogweed
Noms vernaculaires : Charavie, Panais de vache, Patte d'ours, Fausse acanthe, Herbe du diable, Branc-ursine.


Description

Grande plante ombellifère vivace atteignant 50 cm à 1m50 de hauteur.
La plante est couverte de poils blanchâtres assez raides, la tige quant à elle est rameuse, sillonnée-anguleuse.
Les feuilles sont en touffe à la base et alternes sur la tige. Elles sont grandes, très variables, parfois simplement lobées mais souvent divisées en 5 à 7 larges folioles avec des contours anguleux, parfois étroites et allongées dans certaines formes.
Le pétiole principal est épais, muni à la base d'une large gaine rougeâtre qui enferme le jeune inflorescence.
Les fleurs sont blanches, groupées à l'extrémité des tiges, en larges ombelles de 12 à 40 rayons.
Les pétales extérieurs des fleurs du pourtour de l'ombelle sont beaucoup plus grands que les autres.
Les fleurs dégagent une odeur rappelant l'urine et les fruits sont aplatis, ailés et font jusqu'a 1cm de long et sont très odorants.
Les racines sont longues et charnues et ont une odeur aromatique également.

Répartition et habitat

C'est une plante eurasiatique avec une vaste aire de répartition, elle est très commune dans une grande partie de l'Europe, et dans toute la France hormis en région méditerranéenne. Elle est répandue de l'étage collinéen à l'étage subalpin et monte jusqu'à 2200 m en montagne.

C'est une espèce héliophile et de demi-ombre, qui préfère les sols riches en éléments nutritifs et en bases (humus: mull carbonaté à mull mésotrophe, avec optimum sur mull eutrophe), avec un pH basique, neutre, à légèrement acide (évite les sols pauvres à acidité marquée). Elle se développe surtout sur les sols frais à humide, profonds, mais aussi sur les sols mésophiles (ni secs ni humides), et évite les sols noyés d'eau et surtout les sols trop secs.

On la rencontre ainsi dans les prairies riches, les hautes herbes le long des cours d'eau et des zones humides (c'est notamment une plante caractéristique des mégaphorbiaies), sur les bordures des chemins, des champs et des haies, dans les fossés, les friches et les décombres. On la trouve dans les sous-bois clairs de certaines forêts humides (aulnaies-frênaies et peupleraies). Elle est aussi typique des lisières (ourlets forestiers) très fraîches des forêts de type chênaies-charmaies, hêtraies-chênaies, hêtraies et hêtraies-sapinières.

 

Histoire
 

À la campagne, la berce est souvent appelée « herbe à lapins » : nos grands-parents allaient la ramasser pour en nourrir ces animaux d’élevage. Dans le sud de la France, la berce est communément appelée « charavie ». En Picardie, elle est très souvent nommée « chouelle ». On l’appelle parfois « panais de vache », copié de l’anglais cow parsnip, qui pourrait indiquer un usage de la berce comme plante fourragère, il y a bien longtemps. Par proximité de forme, on l’a appelée « patte d’ours » et « fausse acanthe ». Parfois aussi « herbe du diable », et « berce branc-ursine ». Pourquoi ? Est-ce une allusion aux pattes d’ours ?

« Berce » serait d’origine germanique et viendrait de bartsch, nom qui désigne la plante, ou de bartszez, une boisson aigre que l’on fabriquait dans les pays de l’Europe de l’Est. On recueillait, sur les tiges et les pétioles séchés au soleil, un suintement sucré que l’on employait pour cette boisson, mais aussi pour la confection de friandises. On en a également fait un alcool.

Est-ce à cause de sa grande taille, et par analogie au demi-dieu Héraclès, devenu Hercule chez les Romains, que ce genre s’appelle Heracleum ? À moins que ça ne vienne du nom d’une ancienne ville, Héraclée ? Une ville construite dans l’Antiquité, en Grèce, au Moyen-Orient, en Italie… Une ville légendaire, que l’histoire ne situe pas vraiment.

Cette plante a beaucoup inspiré les artistes Art nouveau de l’école de Nancy : Majorelle, Vallin, Grüber…

 

Divers

La plante est réputée hypotensive, diurétique et diminuant le taux d'urée. Elle était jadis utilisée contre l'épilepsie.

La teinture est utilisée pour soigner les troubles sexuels chez l'homme et la femme. Elle est utile dans les syndromes prémenstruels et les hémorragies dysfonctionnelles. Elle est aussi utilisée dans les troubles de la ménopause.

 

Dans la montagne vosgienne, cette grande berce sauvage était dénommée par divers dérivés romans du terme latin "pastinaca", à l'origine du panais en français (La plante sauvage se nomme patenay dans le vallée de la Fave, petné ou pètné(y) dans la haute vallée de la Meurthe, ce mot étant de genre masculin. Les locuteurs dialectaux pouvaient le qualifier avec l'adjectif grand (lorsqu'il montait en fleur), ou suivant le lieu de récolte : du talus, forestier, des haies, des bords de chemin...).

 

Il s'agit d'une "herbe aux lapins", autrefois très recherchée par les éleveurs possédant des clapiers (Il existe des restrictions d'emploi à ce fourrage nutritif qui aide les lapins à "se faire les dents" grâce à la (micro)silice incorporée aux tiges, tout en leur apportant une bonne digestion et un bien-être, il ne faut point qu'il soit compressé sans air et qu'il "chauffe", sinon l'ingestion devient toxique pour l'animal qui en est friand). La plupart des lexicologues ont traduit le terme dialectal par "panais", sans se rendre compte que cette "herbe aux lapins" n'en était pas.

 

Les paysans connaissaient autrefois la plante cultivée, le panais, de même que cette même plante redevenue sauvage, le panais sauvage. Ils les désignaient par un qualificatif additionnel s'il était nécessaire. En réalité, l'explication la plus simple pour ces dénominations est qu'ils considéraient le panais et la grande berce comme appartenant à la même famille. Lorsqu'ils cueillaient du "patenay" ou "petné" pour les lapins dans les talus ombrés et sur les rebords de haies, il n'était pas besoin de préciser.

Références