Crataegus monogyna

Nederlands : Hagedoorn
English : Hawthorn
Noms vernaculaires : Aubépine monogyne, Noble épine, Aubépine épineuse, Epine blanche, Ergot de coq.

Aubépine


Description

Arbuste aux rameaux enchevêtrés, pouvant atteindre 10m. Il présente des épines axillaires. La floraison s'étend de mars à juin, en ombelles de 4 à 18 petites fleurs blanches (à rosées) de 1 à 2 cm de diamètre. Il fructifie de juin à septembre pour donner des fruits semi-sphériques de couleur rouge vif à brun appelés cénelles ou “poires à Bon Dieu”. Les feuilles sont petites, découpées, épaisses et d’un vert très vif.

C'est une espèce pionnière dont les drupes rouges sont dispersées par les oiseaux.

Répartition et habitat

On la trouve dans les forêts de feuillus et de pins sylvestres, en haies, le long des chemins. Elle affectionne les pentes sèches et ensoleillées. L'aubépine supporte la sécheresse et craint l'excès d'humidité.C'est une espèce héliophile ou de demi-ombre croissant sur des sols assez sec à frais, dont le pH est basique, neutre ou acide. L'Aubépine monogyne est donc une espèce à très large amplitude.

 

Histoire
 

Son nom latin vient du grec "kratos" = force, vigueur (car son bois est très résistant). Il y a environ 900 espèces de Crataegus dans le monde (dont pratiquement 90% se trouvent en Amérique du Nord).

Son nom vernaculaire, "aubépine", vient du nom du latin "alba spina", "épine blanche", en raison de sa fleur blanche (du type de la rose) et des épines à la base.

Emblème de l'espérance chez les Athéniens de jadis, elle fut célébrée par R, onsard dans ses Odes. Jadis, les "magiques" haies d'aubépine entouraient les maisons pour les protéger! Le mois de mai (époque de sa floraison) étant consacré aux très jeunes filles et aux vierges depuis la nuit des temps, l'aubépine s'est vue associée tout naturellement aux purifications religieuses et aux mariages. Héra, femme de Zeus, aurait conçu ses enfants rien qu'en touchant ses fleurs! L'Église récupéra à son compte les traditions antiques dédia le mois de mai et l'aubépine à la Vierge Marie. La Vierge aurait fait sécher les langes du Christ en les accrochant aux rameaux épineux de l'aubépine. Porter un de ses rameaux en amulette ou en placer dans le grenier protègerait des fantômes et de l'orage! (l'aubépine ne serait jamais foudroyée).

Plantée sur le tas de fumier ou devant les portes, elle éloignait les serpents et les crapauds.

L'écorce gris clair est lisse jeune et se craquelle en vieillissant. Le tronc est irrégulier, presque musculeux, avec une écorce ridée. Le bois extrêmement dur (comme du fer, dit-on!) est utilisé pour les robinets des tonneaux et les engrenages: les troncs servaient de billot pour les exécutions capitales, les épines s'employaient comme des clous ou des épingles pour les assemblages de menus objets. En fait, ce ne sont pas de vraies épines, mais des dards c'est-à-dire de courts rameaux très droits, terminés en pointe par atrophie du bourgeon terminal. Ces dards sont très défensifs et dissuasifs à l'encontre des prédateurs. La pie-grièche écorcheur s'en sert de garde-manger en empalant ses proies (des insectes) sur les piquants acérés.

Des arbres à feuilles caduques y trouvent aussi une protection contre l'appétit des bestiaux.

Le bétail ne broutant pas les feuilles de l'aubépine, la plante était plantée au dessus des lieux où étaient enterrés les bovins décédés de la peste pour protéger les survivants.

 

Divers

Cette plante a une durée de vie moyenne de 400 ans . Une des plus vieilles aubépines de France est estimée millénaire. Elle se situe à Saint-Mars-sur-la-Futaie, dans le département de la Mayenne(53). Elle a une hauteur de 9 m.

Elle est menacée de disparition en Europe, du fait d'une maladie appelée feu bactérien (qui jaunit les feuilles).

L’histoire "officielle" veut que les fonctions cardiaques de l’aubépine n’aient été découvertes par les médecins qu’en 1896 par un Dr. Jennings de Chicago. Ces écrits auraient vu le jour qu’en 1907, lorsqu’ils ont été cités par Finley Ellingwood. Ce serait donc ce dernier qui aurait mis l’aubépine en évidence pour la première fois. Or, d’autres écrits antérieurs mentionnent l’aubépine dans le traitement des affections cardiaques (Leclerc mentionne, en 1935, un écrit de "guérisseur anonyme" datant de 1695 qui mentionne avoir utilisé l’aubépine pour traiter l’hypertension et les palpitations.)

Autrement, l’aubépine était essentiellement utilisée comme diurétique, pour traiter les voies urinaires, les calculs, la goutte, les problèmes de fertilité (Gerard, Culpeper, K’Oegh, Petrus de Crescentis).