Artemisia vulgaris

Nederlands : Alsem
English : Mugwort
Noms vernaculaires : Armoise citronnelle, Artémise, Ceinture de Saint-Jean, Couronne de Saint-Jean, Herbe aux cent goûts, Herbe à Saint-Jean, Herbe de feu, Herbe royale, Remise, Tabac de Saint-Pierre.

Armoise


Description

L'armoise commune est une plante herbacée qui peut mesurer de 60 cm à 2 m de haut.

Elle possède une tige dressée très rameuse et élancée sans stolons souvent de couleur rouge-violacée.

Son feuillage est vert foncé, ses capitules duveteux sont serrés et très abondants sur les branches. Ses feuilles sont basales, longuement pétiolées et pennées de 5 à 8 cm de long.

La partie souterraine est un rhizome horizontal ramifié, parfois fort en diamètre et ses fleurs jaunâtres ou pourprées avec une odeur forte (voire désagréable pour certains). La floraison a lieu de juillet à octobre. Les feuilles froissées dégagent une odeur similaire à celle de l'absinthe.

Les fruits sont des akènes sans aigrette et mesurent 2 mm, une seule plante peut en produire plusieurs dizaines de milliers.

 

Histoire
 

Pline en faisait une plante aphrodisiaque qui placée sous le matelas, favorisait les relations sexuelles. Dès l'Antiquité, l'armoise était utilisée comme vermifuge et passait pour faciliter les accouchements et régulariser le cycle menstruel. De même que l'absinthe (Artemisia absinthium), elle était considérée emménagogue, c'est-à-dire capable de provoquer les règles quand elles se faisaient attendre. En fait, armoise et absinthe, " plantes sorcières " ont beaucoup servies comme abortives, ce qui se savait parfois mais ne se disait pas forcément. On comprend qu'au Moyen âge les moines aient préféré mettre l'accent sur ses qualités vermifuges, fébrifuges et anthirhumatismales, ou la prescrire en bains de pied comme l'indique son nom allemand beifuss, fuss désignant les pieds.

En anglais l'armoise s'appelait autrefois motherwort, "ce qui est valable pour les mères", puisqu'elle facilitait les accouchements, mais aussi felon herb, "herbe criminelle" puisqu'elle faisait avorter, tandis que l'absinthe s'appelait old woman, la "vieille femme" car elle avait la réputation depuis l'époque des Grecs et des Romains de combattre les troubles de la ménopause.

Si on les appelle Artemisia en latin, ce serait d'après certains botanistes en l'honneur d'une reine d'égypte, Artémise, reine d'Halicarnasse. Mais il y a de bien plus fortes chances pour que cela soit tout simplement en l'honneur d'Artémise, la vierge chasseresse, qui passait son temps à courir à travers monts et forêts en compagnie exclusivement féminine. Que les armoises avec leur réputation d'empêcher les fausses couches, de faciliter les accouchements et d'en apaiser les douleurs portent le nom d'Artémise, peut paraître a priori contradictoire. Mais cette vierge chaste et farouche avec les hommes, est aussi la protectrice de la vie féminine qu'elle facilite de son mieux aux étapes difficiles de la puberté et de la ménopause comme de l'enfantement. Elle régularise le flux menstruel, lié aux phases de la lune, dont elle est la déesse. Toutes les plantes patronnées par Artémise ont une action sur l'organisme féminin.

L'un des maîtres de l'école de Salerne, Platéarius qui nous a laissé un traité sur l'usage des plantes, donne une recette curieuse:

Elle a été célébrée par le poète Ruteboeuf sous le nom d'Ermoize.

 

Divers

Bien avant d'être censée chasser les démons, ou d'être rattachée au souvenir de saint Jean-Baptiste, l'armoise, dans la Grèce antique était vouée à Artémis, chaste et sévère déesse, et se contentait habituellement de soigner les maladies strictement féminines ou d'être abortive... On lui attribua ensuite des propriétés magiques

 

Marcheur endurant

Selon le Grand Grimoire bernois, "Avec des jarretières d'armoise, il n'y a point de cheval qui puisse suivre longtemps un homme à pied qui en est muni... à condition que la plante soit cueillie au moment où le soleil fait son entrée dans le premier degré du signe du Capricorne...".
Les feuilles d'armoise pouvaient aussi être mises simplement dans les souliers.

 

Protectrice

D'une façon générale, les plantes solaires cueillies au moment de la fête de saint Jean-Baptiste, le 24 juin, étaient réputées chargées d'un pouvoir que se disputaient magiciens et sorciers.

L'armoise, dont Apulée disait qu'elle "chasse les diables cachés et neutralise le mauvais oeil des hommes", conserve et amplifie cette réputation pour les chrétiens. Selon une légende, saint Jean-Baptiste aurait porté une ceinture d'armoise lorsqu'il était dans le désert. Ainsi sanctifiée, cette plante avait le pouvoir de chasser les démons, en particulier si l'on s'en couronnait la veille de la Saint-Jean. Au XIIIe siècle, Albert le Grand écrit : "Celui qui porte toujours sur lui de cette plante ne craint point le mauvais esprit, ni le poison, ni l'eau, ni le feu, et rien ne peut lui nuire. De plus, si l'on en tient à l'entrée de sa demeure, le tonnerre ne tombera pas dessus, ni aucun air pestilentiel ne l'infectera et nul voleur, brigand ou chenapan n'en franchira le seuil." C'est dire toute la puissance qui était attribuée à l'armoise.